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Chapitre 24

Tana

Jeudi 15 Novembre (suite)

J’essaie encore d’ouvrir la porte, mais c’est peine perdue, je n'en reviens pas qu’elle ait fait ça ! Si elle pense une seule seconde que le type ne va pas s’en rendre compte, elle se fout le doigt dans l’oeil.

- Tana tu ne veux pas t’asseoir cinq minutes, tu ne vas pas défoncer la porte quand même ?
- Non.
- Qu’est-ce qu'il t’arrive en ce moment, je te trouve…
- Tu me trouves quoi ? Je n’ai pas le droit d’avoir de changement d’humeur quand j’ai envie ? Non ?
- Tu vois on ne peut même plus parler avec toi. On va appeler l’accueil, ils viendront ouvrir, ne t'enflammes pas pour ça.
- Toujours de ma faute, bien évidemment.


Je tente à nouveau de tourner la poignée, je sais pertinemment qu’elle ne se sera pas ouverte comme par magie en cinq minutes, je m’effondre au pied de la porte, Raphaël s’approche de moi.


- Ça va ?
- Je ne me sens pas très bien.
- Viens t’asseoir sur le canapé.


 

Il me tend une des bananes que j’ai rapportées tantôt, elle passe difficilement. J’aurais dû manger un morceau dans la journée, l’énervement cumulé à la fatigue et le ventre vide ne font pas bon ménage. J’y penserai la prochaine fois. Il me regarde avec ses yeux pleins de tendresse, il est beau, tellement beau, ça me rend dingue de me prendre la tête avec lui, mais je déteste son comportement, presque autant que le mien quand j’ai pris cette putain de carte. Je n’aime pas qu’il me dicte ma conduite, ça me rappelle Clarisse. Je sais que certains de nos mots sortent sans qu’on le décide et on le regrette après.


- Tu veux qu’on essaie de l’appeler encore ?
- Elle ne répondra pas, tu le sais.
- Hum. Tu veux qu’on regarde un film ?
- Un truc drôle alors ?
- Ok.


Il soulève mon menton, plongeant son regard dans le mien puis m’embrasse d’un baiser doux et chaud.


- Je ne veux plus qu’on s’engueule Raph.
- Tous les couples se prennent parfois la tête. Excuse-moi.
- Pardonne-moi aussi.


 

Je m’allonge, à ses côtés, tout près de lui, je sens son parfum, il s'est lâché sur la quantité aujourd’hui. Le film passe, Raphaël s’est endormi, il a l’air si paisible, ça fait des jours qu’il ne dort pas beaucoup, il mérite un peu de repos. Je me lève du lit sans un bruit, je replace la couverture sur lui et l’embrasse doucement. Je prends le téléphone de la chambre pour passer un coup de fil à l’accueil pour que quelqu’un daigne venir ouvrir cette porte.


“Bonjour, je suis la jeune fille de la chambre 33, j’ai un petit souci, je suis actuellement enfermée dans la chambre de mon voisin, ma sœur a voulu me faire une blague, quelqu’un pourrait-il venir m’ouvrir ?”


Quelle honte ! Comment je vais expliquer ça au type avec une excuse ne serait-ce qu’un peu crédible ? Elle ne manquera pas de se prendre un énorme soufflon quand elle rentrera.


- Tu ne dors pas avec moi ?
- Non, j’en aurais très envie, mais je préfère être dans la chambre au retour de ma soeur, tu comprends.
- Bonne nuit ma chérie.


J’entends la clé dans la serrure, un homme toque et j’ouvre immédiatement, jouant le rôle de la paniquée !


- Merci monsieur, je suis confuse, je ne comprends pas, merci encore.

 

Après que Raphaël ait pu me faire sortir de sa chambre en lançant au bagagiste que ce n’était qu’une erreur, me voici dans la mienne. Ma tête tourne un peu, je décide de m’allonger quelques instants sur mon lit, j’entends mon portable vibrer, une notification, “Roselya a partager sa localisation”, mon cœur loupe un battement. Elle se trouve dans un petit bar, je reçois dans la foulée son message auquel je réponds.


- Tout va bien, ne t’inquiète pas, il n’est pas si mauvais que ça. Je te raconte tout en rentrant promis.
- Je te déteste.
- Vous êtes réconcilié ?
- Oui.
- Cool. Je viendrais vous ouvrir demain matin.
- Parce que tu penses que nous n’avons pas appelé l’accueil ? J’attends ton retour.


Sauf qu’une heure passe et Roselya n’est toujours pas là, je tombe de fatigue, ma migraine est de retour m’obligeant à prendre un cachet pour la soulager, mes paupières sont lourdes et finissent par se fermer.

 

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